Les cinéphiles qui ont vu « en cas de malheur » et « la vérité » me comprendront, car si Bardot est un sex symbole, une des plus belle femme au monde, infiniment sensuelle et sexuelle, elle est aussi une grande actrice, et là je me demande si sa beauté finalement ne l’a pas plus déservie qu’autres choses.
« En cas de malheur » m’avait soufflé, mais là « la vérité » m’abat!! Elle est parfaite, et pour cause.
je résume : film de Clouzot, que j’adore, sorti en 1960, avec Samy Frey, Charles Vanel, Paul Meurise, M.J.Nat entre autres parmis les plus connus des acteurs.
Et Brigitte Bardot.
Clouzot eut l’idée du scénario en allant voir des procès, il fût du reste épauler par un producteur généreux qui lui donna une enveloppe avec quelques millions de francs bien confortable, et puis Bardot, dont le mythe créé par Vadim n’était plus à faire, (1952) les entrées furent nombreuses à la sortie du film.
Le film fut un beau succès, il eut le prix du meilleur film étranger à Hollywood, oui oui.
L’histoire est simple : une jeune femme oisive, amorale, belle à se damner provoque les hommes et celui de sa soeur,( véritable modèle de l’époque de rigidité et de bienséance), joué par Frey.
Celui ci en tombe amoureux, bien sûr,mais leur histoire est embrouillée par les caractères des deux amoureux, l’un est exclusif, égoiste, carrièriste, mais les apparences vont lui donner raison, et Bardot, elle, plus idiote que méchante dans ses dérives, est éprise d’une liberté que l’on peut comprendre, elle a 20ans, elle habite Paris au début des années 60, fréquente les caves de jazz et s’entoure d’artiste et d’étudiant épris comme elle d’absolu et d’indépendance.
Bref, rapidement le couple se déchire, se mutile……
Ce que j’ai aimé dans ce film et qui m’a bouleversé c’est l’indéniable modernité de Clouzot que je trouve oublié de nos jours, 50 après, je n’en reviens pas, les réalisateurs de « la nouvelle vague », eux, considéraient Clouzot comme appartenant à un cinéma trop vieux, avec le temps, on se rend compte à quel point ils se sont trompés.
L’histoire est bien entendu bien construite, le présent se passe aux assises, c’est le procés de Bardot, on y découvre l’absurdité d’un jugement, les traditions poussièreuses des vieux avocats, les regards plein de préjugés des jurés, représentants d’une France d’après guerre qui n’a pas envie de voir ses fautes et sa responsabilité dans les mesquinerie du quotidien, les atrocités historiques…je passe..
Français bien pensants, vérouillés dans leur quant à soi qui regardent à la loupe cette dépravée de Bardot, qui intuitivement sent bon les pavés à venir d’un 68 encore lointain.
De l’autre, des flash-back qui nous permettent de comprendre ce qui s’est passé, et qui nous permettent surtout de découvrir la personnalité de Bardot, complexe, à la fois ange et démon, femme-enfant et femme-fatale, qui s’enfuit dès qu’on la sert trop mais qui peut alors aussi vous reprochez votre froideur, dur dur de s’y retrouver devant ce puzzle inachevé, coloré et enervant.
Il y a des séquences à couper le souffle tant Bardot respire le drame, déjà, il se disait à l’époque du tournage qu’elle était en pleine dépression nerveuse et qu’elle avait attenté à ces jours, elle était maman à l’époque et marié avec Charrier, le couple battait de l’aile, elle ne pouvait s »occuper comme elle le voulait de Nicolas son petit garçon, son sécrétaire avait balancé à la presse des secrets d’alcove, bref, c’était la merde, est que sa vie l’a inspiré pour certaines scènes, c’est possible.
De sa voie de petite fille, aux accents trop aigus, de ces manières précieuses , de sa mou boudeuse et altière, on pourrait croire impossible d’en tirer une larme, et bien c’est là sa force et son charisme, malgré toute cette légèreté, elle y arrive, pas besoin d’avoir un visage de madone, une voie profonde, des airs de tragédienne pour être tragique.
Les répliques entre Vanel et Meurise sont géniales, pleines d’humour et de finesse, le jeu de Nat avec son côté « fille de bonne famille » est une belle découverte, et Frey reste un de mes acteurs préférés tant il se fond dans ses personnages, il ne joue pas, il est.
On y découvre aussi le Paris de la fin des années 50, petits clins d’oeil à mon esprit coquet, les tenues de Bardot sont à se pamer, tour de taille proche du 55cms et tour de poitrine avoisinant le 95, des jambes longues et minces (elle était danseuse), elle est au summum de sa beauté, elle a 26ans (elle est née en 1934).
Je vous laisse avec quelques photos et j’espère vous avoir donner envie de voir ou revoir ce film, encore un Clouzot, oui encore un, et il y a aussi « les diaboliques », « le corbeau », « journal d’une femme… » que de merveilles.
LB.




